Iran

Nous sommes en Iran depuis 2 jours, après un passage de frontière extrêmement intéressant et contrasté. Côté sortie de Turquie... 3 heures d'attente car système informatique en panne. C'est rapidement devenu le foutoir, les camions et les bus ne cessant d'arriver. Il faut savoir que là, on gare son véhicule où l'on peut et l'on va à pied chercher les différents bureaux pour obtenir les tampons adéquats. Une fois sortis de ce « Midnight Express » (3H + 9H30 l'autre jour ça fait tout de même 12H30 où l'on s'emm...) on se présente, Marie-Paule avec un foulard sur la tête, chez les Iraniens et là tout devient simple (pourtant les formalités sont plus compliquées). Avec courtoisie on nous emmène dans les différents secteurs et l'on fait même les démarches à notre place puis l'on entre dans le pays. On en était baba.

A la frontière Iranienne, nous avons rencontré un couple d'instituteurs hollandais qui voyagent à vélo (quel moral!) pour se rendre en Thailande.

On entre donc en Iran tard dans l'après-midi, on avance notre montre de 1H30 et l'on roule jusqu'à Orumiey, première grande ville iranienne sur notre route où l'on arrive à l'heure de pointe = densité de véhicule absolument incroyable et zéro règle de circulation. Finalement, après avoir pas mal tourné, nous avons bivouaqué en pleine ville dans un magnifique parc sous la protection de la police.

Aujourd'hui 20 avril nous sommes à Tabriz, ville que nous avons visité en compagnie de jeunes et très sympathiques étudiants. Bazar impressionnant, surtout les tapis auxquels, à moins de 10'000 US$ on oublie d'y penser.

Après 2 jours seulement dans le pays, il est bien sûr trop tôt pour délivrer nos impressions définitives. Nous sommes néanmoins surpris en bien par la courtoisie et la gentillesse des gens et par la modernité et la propreté des villes.

De Tabriz, nous descendons plein Sud, l'objectif étant Ispahan. La route est d'excellente qualité (autoroute presque tout le long) et surprise, à une exception près les péages pour nous sont gratuits. Nous profitons de ce très long trajet pour visiter le mausolée Oljeitu (de l'époque mongole) ainsi que les jardins classiques perses de Fin. Dans l'impossibilité d'atteindre Ispahan le même jour, nous bivouaquons en pleine nature, in the middle of nowhere.

Ispahan, magnifique, très vert et mosquées de toute beauté que l'on peut visiter moyennant un petit effort de Marie-Paule qui doit se vêtir d'une sorte de long voile en plus du foulard. Nous sommes toujours sous le charme de la gentillesse des iraniens à tel point que nous en avons oublié Pâques (heureusement que Jean-DA nous l'a rappelé par SMS...). Nous décidons donc de prolonger notre séjour en Iran et reprenons la route pour nous rendre à Shiraz où nous essayerons d'obtenir une prolongation de nos visas.

Ce matin 26.04 nous nous sommes rendus à la police des étrangers et une fois de plus surprise: en moins d'une heure nos passeports étaient mis à jour d'une extension de séjour de 32 jours et ceci dans une ambiance des plus cordiale. Cela nous donnera de l'oxygène pour déposer nos demandes de visa de transit pour le Turkménistan.

Nous allons rester quelques jours à Shiraz, d'autant que nous sommes bien installés au fond d'un parc d'hôtel (ITTIC) verdoyant et parfumé par les orangés en fleurs et bénéficions de sanitaires, douche et wifi. Pour la suite nous allons évidemment visiter Persépolis qui se trouve à quelques 50km puis nous taillerons à nouveau la route direction la ville sainte de Mashad (Consulat du Turkménistan oblige) avec un stop à Yazd au confins du désert du Dasht-e Kavir que nous traverserons.

Petite info mercantile, notre dernier arrêt à la pompe (40 litres) nous a coûté CHF 8.- !!!

Départ de Shiraz pour le tout fameux site de Persépolis... à nouveau grande émotion. Puis Yazd et traversée du désert de Dasht-e-Kavir avec bivouacs au milieu de rien, grandiose!

Après cette longue traversée sous des températures frôlant les 40° nous arrivons à Mashad 2ème plus grande ville de pèlerinage du monde musulman après la Mecque afin d'y obtenir nos visas de transit pour le Turkménistan. Là nous résidons dans la Guest-House de Vali qui distille encore un parfum des années 70. Tous les routards passent par chez lui car il a ses entrées au Consulat. C'est là que nous rencontrons notamment Heidi et Gottfried, un couple Autrichien qui voyage aussi avec un Toyota Land Cruiser pour aller aussi en Mongolie. Nous décidons de faire un bout de route ensemble dont notamment la traversée du Turkménistan et une partie de l'Ouzbékistan. Nous devons attendre nos visas durant 7 jours, nous en profitons donc pour faire quelques excursions dans des villages et vallées de montagne.

Mashad ne fût pas très agréable, le poids de la religion et de ses interdits y étant beaucoup trop présent. Contrairement au reste de l'Iran, nous y avons rencontré beaucoup trop de femmes ressemblant à des pingouins. A noter encore que les jeunes iraniens surnomment les Imam à turban les « mushroom ». Il est évident que les religieux intégristes dirigent tout et qu'Ahmadinejad n'est que leur pion. Mais l'inflation galopante (plus de 25% par année) sera peut-être le catalyseur d'une nouvelle révolte, voire d'une révolution populaire...