Mongolie

Voici maintenant 26 jours que nous sommes en Mongolie. Ici, tout est rude. Les gens, le climat, les pistes. Nous reprenons la plus grande baffe jamais prise, mais en même temps nous découvrons toute la beauté de ce pays et l'extrême gentillesse de ses habitants.

Passé la frontière, il n'y a tout simplement plus de route mais un multitude de pistes qui vont finalement toutes dans la même direction, à nous de choisir la meilleure ou plutôt la moins mauvaise.

Après avoir parcouru l'Altai Mongol (Nord-Ouest) jusqu'au confins du pays (à quelques km de la Chine), nous nous sommes arrêtés à Hovd, où nous avons rencontré Tilek, Mongol de souche Kazakhe (comme la majorité des habitants de cette région) qui nous a invités à venir fêter le Nadam (fête nationale) dans son village et à loger avec sa famille. Durant 2 jours, nous avons assisté aux traditionnelles courses de chevaux et tournois de lutte, dans une ambiance paisible et authentique. Nous nous y sommes trouvés très à l'aise et avons adoré.

Puis, nous avons roulé direction Sud-Est jusqu'à la ville d'Altai dans des contrées semi-désertiques et sur des pistes de tôle ondulée type camion (moyenne 15 km/h). Ceux qui disent qu'à 80/90 km/h on ne sent plus rien, sont des menteurs! Là, nous avons loué une yourte dans un camp et apprécié sa protection contre le vent.

Au-lieu de continuer vers le Sud sur la piste principale la plus fréquentée (égal tôle ondulée) nous avons opté pour le Nord, à travers les montagnes: grandiose, pas un véhicule mais pistes très cassantes. Une fois de plus, la remorque a terriblement souffert. En arrivant dans le petit village de Tosontsengel, nous constatons que les ailes de celle-ci frottent sur les pneus, panique car les supports d'axe sont cassés!!! Mais une fois de plus la magie opère, et après 5 heures d'un travail acharné effectué par un local très doué (ils sont tous un peu mécanos par obligation) nous reprenons la piste non sans avoir été invités à partager le repas familial.

La suite de notre périple passe par le lac Blanc qui, ce jour-là, était gris (pluie) pour arriver à Tsetserleg où nous restons quelques jours. Peu après cette ville, miracle: l'asphalte!!! Après 3 semaines de pistes uniquement, quel bonheur, on peut enfin passer la 4ème!

A Kharkorin (ancienne capitale de l'Empire Mongol) nous assistons à une « cérémonie » tenue par des moines bouddhistes dans le temple Erdene Zuu Khiid. Fascinant! Aujourd'hui 26 juillet, nous avons rejoint la capitale Oulan Bator, où nous allons faire prolonger nos visas.

ça aussi, c'est la Mongolie!
ça aussi, c'est la Mongolie!

Oulan Bator et ses 1,3 millions d'habitants (la moitié de la population du pays) présente des visages très contrastés: modernité et tradition, richesse et pauvreté, larges boulevards et ruelles défoncées et pleines d'ordures. Nous en profitons pour y gueuletonner au Bistrot Français (escargots et filet de boeuf). En visitant le « Black Market », immense marché où l'on trouve absolument tout, même des pick pockets, je me suis fait délesté de quelques dizaines de milliers de Tugruks (env. 100$), pourtant j'avais été prévenu et j'étais sur mes gardes.

Après quelques jours passés à profiter de la « civilisation », nous sommes partis Sud-Est vers le désert du Gobi. Nous avons pris la précaution de laisser la remorque, déjà bien meurtrie, à notre guesthouse. Bien nous en pris, car elle n'aurait vraisemblablement pas survécu aux pistes du Sud. Ces quelques jours nous ont fait découvrir des paysages arides, du sable, des dunes et le vent brûlant du désert. Chaque bivouac fut également l'occasion d'une rencontre, toujours sympathique mais brève ainsi que du traditionnel défilé des chameaux (2 bosses). Un régal pour Jack, mais il s'est fait remettre à l'ordre par un chameau qui n'avait pas du tout envie de jouer.

 

C'est ici, au Sud, que nous avons laissé nos traces dans le Gobi!

Retour à Oulan Bator où nous faisons le grand nettoyage du Land avec changement des filtres à air et essence. Durant les quelques jours passés à la guesthouse Oasis, nous rencontrons plusieurs voyageurs occidentaux soit en moto, soit en voiture: échanges d'informations et d'expériences, toujours intéressant et ambiance très sympa. Pour terminer en beauté, nous assistons, au Théâtre National, à un spectacle culturel fantastique où nous avons notamment entendu, avec beaucoup d'émotion, des throat-singers (chant de tête?) traditionnels en Mongolie.

 

Nous quittons Oulan Bator très relax car nous n'avons plus que de la route asphaltée devant nous. Mais les dieux en ont décidé autrement: en sortant de la ville, la route est tout simplement fermée pour cause de travaux ce qui nous permet de goûter à nouveau à la piste pendant plus d'une heure!!! (très dur pour les nerfs). Un dernier bivouac en Mongolie puis nous passons la frontière à Altanbulag le 10 août, passage bouclé en 3 heures et pensons avoir évité la fouille (côté russe) grâce à Jack, leur chien anti-drogue étant aussi un mâle....

 

Jusqu'à présent, la Mongolie est définitivement le pays qui nous a le plus marqué par sa rudesse, sa beauté, son immensité déserte mais aussi par la bonté de ses habitants.